Trouvé dans la presse

Vanity Fair

La chronique du concierge masqué
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Le problème des cartes business est qu’elles sont généralement hideuses, obligeant les cadres supérieurs et les dirigeants à corriger le tir en passant par la case « travaux en ville ». Comprendre ces officines spécialisées, souvent historiques, qu’on fréquente comme les chapelles dédiées à la sainte-étiquette. De Benneton (la Rolls du genre) à Olivier de Sercey à Paris via Trabuc à Marseille ou Smythson à Londres, toutes sont unanimes : trop éphémères, les cartes business ne font pas l’objet d’un travail de gravure ; l’impression relief est largement suffisante. Et ô combien moins chère.
En revanche, pour les cartes de visite à usage personnel, on peut s’offrir la gravure, plus onéreuse, cela va de soi (entre 400 et 600 euros), mais c’est au toucher qu’on reconnaît les initiés. Attention : les règles sont gravées dans le marbre : pour un homme, ce sera le nom, l’adresse privée, le téléphone et le mail ; pour une femme, seulement son nom et son adresse ; pour les ménages Monsieur et Madame, Madame et Madame, Monsieur et Monsieur, ce seront les noms, l’adresse et le portable de chacun(e). Ensuite, la couleur de l’encre : si le bleu marine, le chocolat et le bordeaux sont autorisés pour les plus jeunes, les hommes de 30-35 ans doivent déjà se conformer au noir, intense, clair ou grisé, pour marquer la maturité.
Le papier ? Blanc cassé, crème ou gris pâle. Mais comme partout les mœurs se relâchent, ces dames ont droit à plus de fantaisie, sans pour autant aller jusqu’au cœur sur les i genre Nabilla. À titre indicatif, business ou visite « privée », une carte imprimée, papier blanc/encre noire, coûtera entre 75 et 150 euros par cent (premier jeu) selon la maison choisie. Enfin, le nec plus ultra est imprimé relief or sur blanc par les palaces Peninsula qui offrent à la clientèle de leurs suites, le temps du séjour, un jeu de cartes de visite « in residence » simplement pourri de chic.

Cerise magazine

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Initiales d’initiés
La réputation le précédait, la devanture le laissait deviner : lorsqu’on entre dans la boutique de l’imprimeur graveur Olivier de Sercey, nulle place au doute, nous sommes bien dans une maison de qualité, allons même jusqu’à dire de prestige. Au mur, sont exposées avec leur accord des réalisations pour quelques clients : premiers ministres, grands couturiers, artistes de renom, ambassadeurs, aristocrates… Et l’on apprend au détour d’une conversation que dès le XIXe, le lieu accueillait déjà des sommités, comme Chateaubriand ou Mérimée. Mais le maître des lieux préfère garder le silence sur l’identité des autres, signe que dans certains milieux, on bâtit une réputation sur sa discrétion. Que viennent faire le Tout Paris et les connaisseurs étrangers dans cette petite boutique ? Entre autres, faire graver leurs initiales que l’on retrouve sur des cartes de visite aux finitions aux nulles autres pareilles ou sur du papier vélin, vergé ou pur coton pour la correspondance, délivré avec des enveloppes doublées – tout est dans le détail. Experte en faire-part, la maison accompagne les grandes étapes de la vie des plus fidèles. Certains y font également créer leurs armoiries, d’autres ont pour rituel chaque Noël de trouver leurs cartes de vœux dans la sélection qu’Olivier de Sercey actualise d’une année à l’autre. Les plus littéraires y commandent leurs ex-libris, gravés ou imprimés, toujours personnalisés. Les secrets pour obtenir dans chaque cas un rendu parfait ? Un grand contrôle, une grande exigence, une grande écoute et une collaboration de longue date avec le meilleur ouvrier de France. Rien que ça !

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